Jacques Perconte
→ Presse / textes / retour .

148
  24 avril 2016  
Jacobs, Bidhan, Desistfilm.
recoding visualization in the time of web: the case of i love you by jacques perconte (2004-2015)
FULL P Original : Anglais document complet :: 20770 caractères → 3344 mots · 15 paragraphes
REV :: REVUE CR :: CRITIQUE

Ce texte de Bidhan Jacobs analyse I Love You, œuvre en ligne de Jacques Perconte créée en 2004 et restaurée en 2015. Cette étude existe aussi en français dans Débordements, sous le titre « Comment élever l’amour sur internet ? » (fiche 120), et dans une version anglaise courte publiée par Furtherfield, « How to Grow Love on the Internet? » (fiche 5).

Née de la rencontre avec Isabelle Silvagnoli et d’un projet de livre photographique, l’œuvre associe l’exploration du corps aimé à celle des images numériques. Elle prolonge les recherches menées par Perconte depuis les années 1990 sur les réseaux, les fichiers et leurs conditions d’affichage. L’image apparaît comme une réalité variable, produite par les interactions entre données, machines, programmes et internautes.

À chaque consultation, un programme remplace certaines valeurs du fichier photographique par les mots « I Love You ». Cette inscription transforme les couleurs et les formes, jusqu’à l’abstraction, voire à l’impossibilité d’afficher l’image. L’amour devient une force de transformation du code. Jacobs propose le terme « loveware » pour désigner ce logiciel qui écrit littéralement l’amour dans la matière numérique.

Un compteur conserve les déclarations générées : les visiteurs participent à l’amplification de cette histoire d’amour intime. L’œuvre évolue avec les années, les photographies et les technologies. Sa restauration avec Garam Choi, en 2015, adapte le programme aux navigateurs et révèle les restrictions que certains imposent aux images.

Jacobs souligne la portée politique du projet : défendre un Internet ouvert, appropriable et inventif face aux normes industrielles. Il relie cette démarche aux films de Perconte, où les substitutions, les compressions et les détournements techniques libèrent les possibilités plastiques des images. I Love You unit ainsi expérience amoureuse, participation collective et critique des dispositifs, tout en affirmant la continuité entre net-art et cinéma expérimental.



❤︎ / jacques perconte