Jacques Perconte
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  1 décembre 2024  
Morel, Josué, Critikat.
20 films pour le futur : Silesilence
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Josué Moral, « Silesilence » (p. 93), dans « 20 films pour le futur », Critikat (numéro anniversaire 20 ans) Comment imaginer le cinéma dans 20 ans ?, décembre 2024, p. 42-47.
Autres films mentionnés :
  • Le Tempestaire, Jean Epstein (1947) 
  • Transition de phases dans les cristaux liquides, Jean Painlevé (1978) 
  • Avatar : La Voie de l’eau, James Cameron (2022) 
  • DIRECT ACTION, Guillaume Cailleau et Ben Russell (2024) 
  • Dans la chambre de Vanda, Pedro Costa (2000) 
  • Coup de cœur, Francis Ford Coppola (1981) 
  • Dahomey, Mati Diop (2024) 
  • Liquidity Inc., Hito Steyerl (2014) 
  • Camera falls from airplane and lands in pig pen (2014) 
  • Aggro Dr1ft, Harmony Korine (2023) 
  • Holding, Coni Beeson (1971) 
  • Trois mille ans à t’attendre, George Miller (2022) 
  • Il fait nuit en Amérique, Ana Vaz (2024) 
  • Travolta et moi, Patricia Mazuy (1993) 
  • Paprika, Satoshi Kon (2006) 
  • Mercuriales, Virgil Vernier (2014) 
  • Film annonce du film qui n’existera jamais : « Drôles de guerres », Jean-Luc Godard (2023) 
  • Twin Peaks : The Return, David Lynch (2017) 
  • Leviathan, Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor (2012) 

Josué Morel, p. 93 : « L’œuvre de Jacques Perconte est l’une des plus passionnantes du cinéma contemporain, en cela qu’elle trace un chemin extrêmement singulier en même temps qu’elle esquisse des voies fécondes pour l’avenir du médium. À la manière d’un Turner du pixel, Perconte voyage et filme beaucoup, avant de tremper ses images dans les eaux de la compression vidéo, par le truchement de « formules » paramétriques qu’il trouve au gré de ses expérimentations. Sur ce terrain, Silesilence marque toutefois une inflexion : le film est né de l’installation du cinéaste dans la ville industrielle de Rotterdam, qu’il arpente ici dans une éblouissante cacophonie bruitiste. À l’image, de grandes traînées écarlates révèlent ce que Paul Klee appelait "la vision secrète de l’art", qui "ne reproduit pas le visible, mais rend visible" – en l’occurrence, le fond rouge d’un espace pourtant en apparence plus gris qu’autre chose. C’est comme si la couleur jaillissait d’un hors-champ inaccessible au regard humain, pour mettre en exergue le secret chromatique d’un panorama. Au-delà de l’horizon pictural que Perconte insuffle à la captation et au retravail numérique du réel, le film frappe aussi par sa conclusion, qui figure la « révolution » littérale (l’image est déformée par un vortex de pixels et fait l’objet d’une rotation à 360°) d’une vision somme toute ordinaire : une rue où trône un arbre. L’art percontien montre alors qu’il n’y a même plus besoin de voyager pour s’ouvrir à l’infini despotentialités visuelles enfouies que renferme le monde : il suffit désormais de regarder par sa fenêtre. » 


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