Une pensée écologique des images est tout d’abord une pensée par images des relations à ce qui nous environne. Et ce qui nous entoure entretient un rapport avec toute image capable de documenter et enregistrer la vitalité qui parcourt les êtres vivants. Une écologie des images nous révèle ainsi à ces différents milieux de la vie (animale, végétale, minérale), à ces êtres qui la peuplent, et dont les temporalités si souvent nous échappent. Cette pensée écologique permet d’observer la nature comme une manifestation technique, tout en remettant en cause la nature même de l’observation. Si nous cessons de concevoir l’écologie sur le mode statique d’une coexistence au sein d’une grande maison, mais que nous la pensons à l’aune des transits multiples et des trajectoires hétérogènes et pourtant connectés, la coexistence cesse d’être subordonnée à une pensée de la synchronicité. Des êtres aux temps et aux rythmes irréductibles les uns aux autres, des vivants et des non-vivants, peuvent se côtoyer et entretenir des relations fortes, sans que l’un soit à la mesure de l’autre ni que l’on entretienne l’illusion qu’il puisse à jamais y avoir un temps rigoureusement propre, individuel et décorrélé.