Córdoba, Pablo-Martín. Fabriques des images numériques à la lumière du cinéma expérimental : Résonances anthropologiques et politiques des algorithmes au sein des arts contemporains. Thèse de doctorat en Arts plastiques et photographie, sous la direction de Patrick Nardin, Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis, 2026. HAL, tel-05522510v1.
Pablo-Martín Córdoba étudie le travail de Jacques Perconte dans une recherche-création sur les images numériques et le geste algorithmique. Les partitions de compression éclairent la continuité avec les pratiques du cinéma expérimental analogique. Une longue analyse d’Impressions (2012) propose la notion d’« image-temps plastique » et décrit une narrativité prédiscursive. Le Soleil de Patiras (2007), puis Impressions, permettent de penser l’image comme signal et support, flux et trace, en dialogue avec Deleuze, Derrida et Stiegler. D’autres passages abordent le contact avec l’image, l’imprévu, la réécriture des outils et l’artisanat numérique. L’auteur distingue explicitement cette pratique du glitch art et en examine les dimensions sensibles et politiques.
À partir de l’univers du cinéma expérimental, cette thèse en recherche-création interroge l’usage des algorithmes dans la fabrication des images numériques animées. Elle prend pour base un corpus d’œuvres où des productions personnelles dialoguent avec celles d’autres artistes tels que Rosa Menkman, Jacques Perconte et Disnovation.org. L’objectif est d’élaborer un cadre conceptuel pour penser ces pratiques et évaluer la manière dont elles éclairent notre époque. En s’appuyant sur la reconnaissance du rôle des supports matériels – du silex aux mémoires numériques – développée par Bernard Stiegler et la pensée de Gilbert Simondon concernant la genèse et le devenir des objets techniques, l’algorithme est abordé non comme un langage, mais en fonction de sa nature gestuelle. La recherche vise à décloisonner les savoirs, privilégiant les définitions et temporalités élargies. Elle rejoint ainsi les perspectives de l’archéologie des média, prêtant une attention particulière aux continuités à l’œuvre dans l’évolution conjointe des techniques et des arts. Cette approche ouvre à une compréhension renouvelée du fonctionnement des images numériques, fondé sur des interactions entre signaux et supports technologiques, rapprochant leur régime des dynamiques entre la lumière et les surfaces d’inscription propres aux images traditionnelles. Saisi au prisme des œuvres, le mode d’existence concret des images conduit à dévoiler l’anatomie d’Internet, qui apparaît alors comme le principal dispositif biopolitique contemporain. Dans ce réseau à l’échelle planétaire, la fluidité et la vitesse de l’information peuvent se comprendre dans leur lien avec des infrastructures lourdes et rigides, où se cumulent des traces matérielles. Dans une quête attentive aux dynamiques d’individuation, chaque processus de création constitue un microcosme où se rejouent les futurs possibles du lien de l’humain avec la technique. Celle-ci se donne à voir comme neutre, sans essence propre ni devenir prédéterminé, mais s’avère dépendante des actions et décisions politiques, engageant ainsi une responsabilité individuelle et collective.
|
Pages | Contenu |
|---|---|
| 26-28 et 41-42 | Partitions de compression, inscriptions humaines et prolongement des notations du cinéma expérimental analogique |
| 168-183 | Étude continue d’Impressions : outils, composition, analyse des séquences, narrativité et « image-temps plastique » |
| 184, 187-188 et 194-195 | Bilan de cette étude et prolongements concernant la matérialité, la saisie et l’ouverture de l’ordinateur |
| 305-306 | Reprise d’Impressions dans la réflexion sur le virtuel et la multiplicité |
| 318-320 | Contact avec l’image, surprise, notations, réécriture des outils et codage synthétique |
| 345 et 347-357 | Présentation du corpus, étude du Soleil de Patiras, retour à Impressions, puis développement sur le signal, le support, la trace et l’hypermatériel |
| 361-363 | Bilan du chapitre 4 et conséquences esthétiques et politiques |
| 372-373 et 377-380 | Artisanat, alchimies numériques et prolongement sur la libération de la technique |
| 387-388 | Comparaison avec Lauren Huret |
| 402-405 | Reprises dans la conclusion : « L’image-monde » et « Le monde “glitché” » |