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3 mars 2026
Boutet de Monvel, Violaine,
Thèse de Doctorat en études cinématographiques et audiovisuelles, université sorbonne nouvelle.
Du feedback vidéo à l'IA générative : sur la récursivité dans les arts et médias
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MEM : MÉMOIR DE RECHERCHE RE :: RECHERCHE
Violaine Boutet de Monvel. Du feedback vidéo à l'IA générative : sur la récursivité dans les arts et médias. Art et histoire de l'art. Université de la Sorbonne nouvelle - Paris III, 2025. Français. ⟨NNT : 2025PA030009⟩. ⟨tel-05573838⟩
Cette thèse érige, sous le prisme du feedback, un pont entre l’art vidéo pionnier des années 1960 à 1980 et les pratiques en lien avec l’IA générative, que les avancées phénoménales de l’apprentissage profond ont précipitées depuis le milieu des années 2010. La rétroaction renvoie en cybernétique à l’autorégulation par la boucle de systèmes naturels et technologiques. Appliqué à des dispositifs analogiques, numériques ou hybrides en circuit fermé, ce processus automatisé qualifie aussi les effets contingents qui en résultent à l'écran. La première partie revient sur l’influence colossale que la théorie de l’information et la notion de bruit ont exercé sur la genèse du genre vidéo depuis l’avènement du médium, en 1965. Elle se concentre sur le paradigme narcissique (Rosalind Krauss, 1976) qui en a renseigné les canons jusqu’à la fin des années 1970, en analysant la place centrale occupée par la perception humaine et son extension prothétique télévisuelle. La seconde partie s’attache à l’exploration concurrente de ladite vision des machines, en dialogue avec les outils (Steina et Woody Vasulka, 1976). À partir du retournement technocratique de l’esthétique alors inhérent au traitement d’images en temps réel, une transition est opérée de la synthèse audiovisuelle à ses pendants cinématiques, puis artificiels. La troisième partie se penche sur la création en prise avec des modèles d’IA générative développés depuis l’introduction des GANs, en 2014. Interrogeant la redistribution de l’agentivité en réseau, elle considère ultimement la généalogie récursive des arts et médias, ainsi que les conditions d’une culture algorithmique sensible entre signal et données.
Dans le chapitre « L’écologie en réseau », Violaine Boutet de Monvel aborde Jacques Perconte à partir du signal vidéo, en contrepoint de la culture des données propre à l’IA. Elle distingue sa démarche d’une recherche centrée sur les seuls accidents techniques : la nature guide son travail. Le tournage, les cycles de compression et la sélection des images forment un processus où les conditions de la rencontre avec le paysage restent déterminantes. L’autrice étudie Avant l’effondrement du mont Blanc, les films infinis et les performances audiovisuelles. Elle rapproche les fichiers préparés des pianos de John Cage et des téléviseurs de Nam June Paik. La récursivité permet ici de renouveler les images et leurs combinaisons. Son analyse souligne la tension entre sublime paysager et infrastructures industrielles, ainsi qu’une attention écologique portée à la réutilisation des prises de vue. Perconte apparaît ainsi comme un artiste du signal qui renouvelle l’expérience sensible de la nature.