Barnabé Sauvage interroge la lecture écologique contemporaine de Jean Epstein, en partant du Tempestaire de Jacques Perconte et de ses interprétations critiques. Il examine d’abord les affinités entre la pensée epsteinienne et l’écopoétique : rôle créateur de la matière, décentrement du regard humain et animisme. Puis, s’appuyant notamment sur Virgilio Mortari, il montre que cette ouverture reste, selon lui, subordonnée à une philosophie spiritualiste, anthropocentrique et aristocratique. Il conteste ainsi l’assimilation d’Epstein à une écologie égalitaire et appelle à un dialogue critique avec son héritage, plutôt qu’à une reprise qui en effacerait les présupposés historiques et politiques.